Catégorie : Qu’est-ce que la philosophie ?


Discussion suite à mon intervention à Cerisy. Occasion de dire où j’en suis, et de mesurer par les incompréhensions qui soutiennent ces « échanges » l’effectivité de la frontière qui justifie, à mes yeux, ma tentative.

Le texte qui fait l’objet de la discussion vient de paraître chez Classiques Garnier : https://classiques-garnier.com/jean-paul-michel-la-surprise-de-ce-qui-est-figure-de-choses.html

https://www.youtube.com/watch?v=JVt9bZj2PdA

Vient de paraître (dans le volume Jean-Paul Michel la surprise de ce qui est, Classiques Garnier, 2018, pp. 137-147) mon dernier texte « Figure de choses » qui est, à mes yeux et à ce jour, la pointe la plus avancée de mon travail. Là où j’en suis en somme.

En voici l’incipit :
« L’être  n’a pas tant été oublié que simulé »

Et le cœur :

« Nous devrions savoir depuis Kant que la substance même de la présence  n’est rien autre chose que la durée, que la présence n’est que le prête-nom derrière lequel le temps voudrait faire oublier son idéalité de sens interne et figurer  l’être, dehors. Nous aurions dû aussi reconnaître  l’événement pour ce qu’il est, à savoir un pur éclat de notre sens interne. Mais  l’équivoque de  l’être et de  l’événement  n’a cessé de nous leurrer. Le temps a été, pour Husserl  comme pour Heidegger, le moyen  d’introduire  l’horizon  d’un sens dans  l’être, sens qui ne serait pas de  l’homme mais de  l’être lui-même. Heidegger soutient dans « Temps et être » que « le temps nous a atteint», et demande en  conséquence : «  l’homme est-il le donateur du temps, ou bien celui qui  l’accueille ? ». Toute cette pathétique du temps  n’a fait que simuler l’extériorité de  l’être. »

https://classiques-garnier.com/jean-paul-michel-la-surprise-de-ce-qui-est-figure-de-choses.html

Retour sur la question « Qu’est-ce que la philosophie ? » (ou le problème tu)

http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-pigeard-de-gurbert/201015/hommage-deleuze

https://www.youtube.com/watch?v=oZLrHMyvrUs&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=ubK2Qa44V84

« la première fois qu’il a pensé, il en est mort ». Brice Parain vu par Godard :

Nana et le philosophe.

Méthode

« Je ne crois pas qu’il y ait une transparence possible en méthode. Ceux qui ont fait toute leur vie de la méthodologie ont écrit beaucoup de livres qui remplacent des livres plus intéressants qu’ils auraient pu écrire. Tant pis pour la marche sous un soleil sans ombre que serait la philosophie. »

Levinas

Ceci posé, reste qu’il y a philosophie et philosophie parce qu’il y a obscurité et obscurité : l’obscurité d’un sens qui échappe et l’obscurité d’un impensable qui résiste. De l’une à l’autre, l’abîme qui sépare et relie le leurre pathétique au heurt pathématique.

Le poétique

L’empreinte à Crusoé

Postface inédite de Guillaume Pigeard de Gurbert

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/L-empreinte-a-Crusoe

http://www.ina.fr/video/CAF89004641

Derrida, l’amour, la philosophie et les clichés

« Contre la philosophie », de Guillaume Pigeard de Gurbert : le philosophe-enfant

LE MONDE | 05.05.2010 à 16h50 • Mis à jour le 05.05.2010 à 16h50 |Par Nicolas Weill

Nul doute que la philosophie est à la mode. Mais comme c’est souvent le cas, ce succès populaire repose sur une vision extrêmement classique de la discipline et, pour tout dire, assez sommaire. Le philosophe qui a du succès doit arborer la posture du donneur de conseils et de leçons, quand il ne se fait pas commentateur de l’actualité dans les médias. Le doute, qui le différencie du simple idéologue, ne lui est plus guère permis.

C’est le grand mérite de ce petit livre difficile et profond, en forme de manifeste, que de chercher à inverser cette tendance en montrant que les qualités premières de la philosophie sont non l’assurance mais la stupeur, non l’omniscience ni l’encyclopédie mais l’inachèvement, non l’activité mais la patience et l’écoute. Certes, Platon avait déjà dans son Théétète peint la philosophie en fille de l’étonnement. Mais Guillaume Pigeard de Gurbert radicalise encore cette intuition.

Pour lui, être dans la situation de l’enfant environné d’un espace qu’il ne maîtrise pas ne caractérise pas seulement les premiers pas du savoir philosophique mais détermine tout le cours de celui-ci. « C’est à son dos qu’on reconnaît un philosophe. Je veux parler des marques qu’y a laissées la griffe du réel qu’il a rencontré sans être équipé pour l’accueillir », écrit ainsi l’auteur, avec un sens des images qui rappelle le style d’Emmanuel Levinas tout autant que celui de l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau dont il se réclame.

Ce nécessaire état de « stupeur », précise-t-il, travaille tous les grands systèmes. Derrière les constructions majestueuses, derrière les cathédrales conceptuelles qu’il s’agisse de celles de Descartes ou d’Hegel, ce que la pensée ne parviendra jamais à s’approprier continue de cogner à la porte. Percevoir notre inaptitude àcomprendre le monde, telle serait par excellence l’attitude philosophique. Une attitude passive qui distingue la philosophie du dynamisme des autres sciencesdont le mouvement tend au contraire à réduire l’inconnu au connu et au pensable.

Le titre de l’ouvrage - Contre la philosophie – vise évidemment à provoquer, surtout quand on sait qu’il est dû à la plume d’un professeur, agrégé et docteur. Certes, il s’agit bien de s’opposer à la façon « décadente » dont la philosophie serait aujourd’hui pratiquée et popularisée. Mais la préposition signifie aussi que le réel constitue ce qui se tient « contre » – tout contre ! – la philosophie, un « bloc de présence » spatial, corporel, irréductible à la pensée.

Pour qualifier sa démarche, Guillaume Pigeard de Gurbert dit remettre à l’honneur le mot grec de « pathémathique ». Un antonyme de « mathématique » définissant la philosophie comme une passivité essentielle devant la réalité, une capacité à ensubir le choc et à savoir en demeurer blessé. Pour autant, l’auteur se défend de prôner un retour à la mystique religieuse ou à l’« obscurantisme ». Il situe la philosophie au-delà de l’opposition entre rationnel et irrationnel.

On philosophe, dit-il, comme on fait ou monte un film, en laissant deviner bien des choses « hors champ ». Guillaume Pigeard de Gurbert, qui vit à la Martinique, n’en a pas moins signé le Manifeste de 2009 « pour les « produits » de haute nécessité »lancé par des intellectuels antillais afin de soutenir le mouvement socialguadeloupéen et de proposer une autre façon de faire de la politique. Après tout, l’engagement n’est-il pas aussi une manière de « s’exposer aux choses » ?


CONTRE LA PHILOSOPHIE de Guillaume Pigeard de Gurbert. Actes Sud, 304 p., 23 €.

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/05/05/contre-la-philosophie-de-guillaume-pigeard-de-gurbert_1346835_3260.html

http://www.ina.fr/video/I08261871

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