http://ma-voie-litteraire.onisep.fr/
Catégorie : Lycée
La pensée est ouverte de force à la lumière de l’Idée. Sortir, pour la pensée, c’est se retrouver éblouie par le pensable même.
L’intelligible est la passion de la pensée : cercle pathétique :
http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/rep7.htm
« La terre nous apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Mais, pour l’atteindre, il faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu’ il dégage est universelle. De même l’avion, l’outil des lignes aériennes, mêle l’homme est tous les vieux problèmes.
J’ai toujours, devant les yeux, l’image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.
Chacune signalait, dans cette océan de ténèbres, le miracle d’une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait , on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut être, on cherchait à sonder l’espace, on s’usait en calculs sur la nébuleuse d’Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu’aux plus discrets, celui du poète, de l’instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d’étoiles éteintes, combien d’hommes endormis…
Il faut bien tenter de ce rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelque-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne. »
Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry ( 1939 )
« Les Grecs, qui manifestement n’étaient pas dans l’indigence de la pensée, ne connaissaient pas encore le « concept ». Il n’y a donc pas d’infamie à être hostile au concept. »
HEIDEGGER
http://fr.wikipedia.org/wiki/JOSEPH_MONCHER
Voilà les exigences d’une bonne dissertation philosophique telles que les rappelle le philosophe Jacques Derrida à un élève :
« Il faut surtout arriver à l’épreuve avec la liberté et la disponibilité philosophiques nécessaires pour ne pas manquer la spécificité aigüe du sujet, pour ne pas se précipiter dans une voie connue et rassurante, et pour organiser son propos. »
Tristes tropiques, chapitre XXVIII :
La meilleure façon de s’entraîner à l’épreuve du baccalauréat est de traiter des sujets en se demandant ce qui peut servir, pour tel sujet, parmi les idées, les problèmes, les textes, les concepts et les exemples dont on dispose dans les leçons.
On trouvera ici les sujets de dissertations donnés au baccaluréat (ceux qui sont conformes au programme actuel commencent à partir de 2003) :
http://pedagogie.ac-amiens.fr/philosophie/sujets/BAC-QUESTIONS.html
Édouard Glissant nous a quittés ce jeudi 3 février, emportant avec lui son coutelas au tranchant opaque, rempart pourtant inappréciable contre l’universelle transparence :
« À parfaire la logique des concepts on peut laisser passer le poids du vécu. »
Le Gaffiot (dictionnaire latin/français) :
http://www.prima-elementa.fr/Gaffiot/Gaffiot-dico.html
Le Littré (dictionnaire français de référence (XIXe siècle), avec citations et étymologie) :
http://francois.gannaz.free.fr/Littre/accueil.php
Trésor de la Langue française (dictionnaire de référence plus récent) :
Œuvres de référence de la philosophie et la littérature de l’Antiquité :
Œuvres de référence de la philosophie classique et moderne :
http://classiques.uqac.ca/classiques/
Textes originaux en grec et en latin des classiques de l’Antiquité :
Cet article à lire dans le journal Le monde daté du vendredi 26 novembre 2010 :
Faire de la philosophie en 2de, c’est trop tôt – Guillaume Pigeard de Gurbert,
LE MONDE, article paru dans l’édition du 26.11.10
Voilà que ressurgit d’un carton ministériel la vieille idée d’introduire l’enseignement de la philosophie plus tôt dans le cursus scolaire. Aujourd’hui, l’idée est de le tester au lycée, en classe de 2de ; d’autres fois, on a voulu l’essayer au collège, voire à l’école primaire. Les uns comme les autres se gardent le plus souvent de dire ce qui fait au juste qu’un enseignement est un enseignement philosophique, et non simplement un enseignement de choses qui ont un rapport plus ou moins lointain à la philosophie.
Comme si cela allait de soi, comme si chacun savait bien ce que c’était que la philosophie et, a fortiori, son enseignement. On présuppose tantôt que la philosophie consiste en une manière de penser, une méthode, et l’apprentissage de l’argumentation, de l’analyse, de la critique ou du questionnement, lequel tient alors lieu de label « philosophique ». Tantôt on mentionne les thèmes censés garantir l’appellation « philosophique » de l’enseignement, non plus par la forme mais cette fois par le contenu.
Pour ma part, j’observe depuis vingt ans dans mes classes que l’année de terminale constitue le bon moment pour entrer en philosophie et je devine qu’un an plus tôt, à quelques exceptions près, les élèves passeraient à côté. Pour autant que je m’en souvienne, si ma propre découverte de l’enseignement philosophique en classe de terminale a été déterminante, au point d’y consacrer mon existence, je crois que je n’aurais pas été aussi bien préparé l’année précédente et je crains fort que l’élève que j’étais en 2de ne se fût mépris sur la nature de cet enseignement. Tout cela, bien sûr, relève de l’empirique et reste hautement discutable.
Il me semble que tout ce débat repose sur un malentendu concernant ce que c’est que la philosophie. Je veux parler de cette présupposition silencieuse selon laquelle tout le monde sait plus ou moins ce que c’est que la philosophie et est donc à même d’être pour ou contre son enseignement en 2de. Or il n’est pas du tout certain que tel soit le cas. A écouter les discussions, on a le sentiment d’être en présence d’une sorte d’essaim souterrain de définitions dont l’unité est absente.
Commençons par écarter toutes les pseudo-définitions en disant clairement ce que la philosophie n’est en aucun cas : la philosophie n’est pas une méthode ni une forme de pensée. Je mets au défi quiconque de définir une telle méthode sans englober du même coup dans sa définition bien d’autres disciplines.
La philosophie ne se définit pas davantage par des thèmes ou des questions spécifiques : Dieu, le désir, la mort, que sais-je encore ?, ces thèmes et les questions qu’ils suscitent appartiennent aussi bien à la religion ou aux sciences. Pourtant, si la philosophie existe, et c’est un fait qu’elle existe, elle doit bien pouvoir être définie. Et c’est à partir de cette définition seule qu’on doit être à même de poser le problème de l’enseignement philosophique en 2de.
Il faut ici chercher ce qui se retrouve à chaque fois chez les grands philosophes, ce qui leur appartient en propre et qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Or, ce trait qui fait la dimension philosophique d’une pensée, c’est très précisément la prise en compte par la pensée de l’impensable. La philosophie est en effet cette pensée qui se définit par sa sensibilité à l’impensable que son usage ordinaire, scientifique ou religieux lui ravit.
La philosophie est une sorte de raté de la pensée, une manière d’aberration intellectuelle. Là où science et religion ouvrent à la pensée des horizons infinis, la philosophie est une impasse évolutive de la pensée arrêtée par le mur de l’impensable. Ce n’est pas qu’elle se satisfasse de ce désastre ni qu’elle l’ait voulu ou qu’elle le revendique. C’est juste qu’elle ne peut pas faire autrement que d’y penser comme à son propre problème incontournable, qui met en doute son existence même. Voilà la philosophie : la pensée saisie d’un doute indépassable et inoubliable non pas sur tel objet, tel sujet, telle question ou tel thème, mais sur sa propre existence !
La science, elle, ne connaît que le drame de l’inconnu, qui est du non encore pensé c’est-à-dire du pensable. La religion, de son côté, oscille entre la pensée et la passion du divin. Mais qu’elle aille au divin par la raison ou qu’elle s’y sente passionnément attirée, le divin est de toute façon l’assurance absolue contre l’impensable. La pensée philosophique se situe en deçà du penchant de la pensée pour le pensable. Le problème naturel de la pensée est d’échapper à l’impensable. Le fait philosophique, lui, est celui d’une pensée qui y est engluée au point de douter de jamais pouvoir s’en sortir.
La présence ou l’absence de cette tragédie de l’impensable fait le départ entre la philosophie et ses ombres. Or, pour y avoir affaire, il faut que la pensée se soit préalablement et durablement installée dans son élément : le pensable. Tel est précisément le rôle de l’enseignement secondaire, qui apprend à étendre l’empire du pensable à l’histoire, à la biologie, à l’économie, etc. et dont l’enseignement philosophique constitue très exactement la limite.
L’enseignement de la philosophie en terminale ne vient pas simplement ajouter une nouvelle discipline, un champ d’application supplémentaire pour la pensée. Non, il intervient comme une découverte qui rend à la pensée sa sensibilité à l’impensable et fissure l’édifice construit jusque-là, depuis l’apprentissage de la lecture jusqu’à la maîtrise du calcul intégral ou des lois de l’hérédité, en passant par la connaissance du passé.
Veillons d’abord à bien installer les élèves de lycée dans l’effort de la pensée pour ramener l’impensé au pensable. Plus ceux-ci auront pratiqué la puissance de la pensée dans divers domaines, mieux ils seront préparés à endurer cette épreuve, qui se nomme philosophie, d’une pensée préoccupée par son impuissance, comme c’est le cas aujourd’hui.
Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/25/faire-de-la-philosophie-en-2de-c-est-trop-tot_1444889_3232.html
La vérité peut-elle être mystérieuse ?
samedi 13 novembre 2010, 7h-11h.
enregistrements audio de cours de Deleuze
http://www.univ-paris8.fr/deleuze/

