« Le christianisme nous a privés de la moisson de la culture antique, plus tard il nous a encore privés de la moisson de la culture islamique. La merveilleuse culture mauresque de l’Espagne, au fond plus proche de nous, plus éloquente pour l’esprit et la sensibilité que Rome et la Grèce, on l’a piétinée (– je ne dis pas quels pieds –), pourquoi ? parce qu’elle devait sa naissance à des instincts d’homme, parce qu’elle disait oui à la vie et le disait avec les raffinements singuliers et précieux de la vie mauresque… Les croisés, par suite, ont combattu quelque chose devant quoi il eût été plus seyant qu’ils se prosternassent dans la poussière – une culture devant laquelle notre xixe siècle lui-même ferait bien de se sentir très indigent, très « tardif ». Évidemment, ils voulaient faire du butin : l’Orient était riche… Qu’on ne fasse pas de manières. Les croisades – piraterie supérieure, rien de plus. »

NIETZSCHE