La pathétique (définition)

« La pathétique est le récit des sentiments de la puissance, la pathématique est la description philosophique des patiments de l’impotence qui sont les ecchymoses de la pensée. La constitution d’une pathétique qui met l’événement dans la pensée vise ainsi à se substituer à la pathématique de l’impotence qui met la pensée hors d’elle-même en l’adossant contre l’Etre. On doit donc prendre garde de ne pas confondre la pathématique avec son simulacre pathétique. La pathétique est un récit qui brode des absences, déplie des puissances et relate des troubles internes alors que la pathématique est la pensée non discursive criblée du dehors de blocs de présence
impensables que celle-ci ne parvient pas encore à ressaisir dans un concept. Un
patiment ne prend pas la mesure du dehors qu’il accuse – au double sens d’un
coup et d’une différence –, il en restitue la démesure incommensurable tant
à sa représentation mathématique qu’à son symbole pathétique. »

(extrait de Contre la philosophie, Actes Sud, 2010)

Cette entrée a été publiée dans Qu'est-ce que la philosophie ?. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>