La chorégraphe Odile Duboc s’est éteinte vendredi 23 avril 2010.
C’était ma tante. J’ai fréquenté son atelier de danse à Aix pendant toute mon enfance. Sans son univers de mouvement et de rythme si particulier, je ne serai pas ce que je suis. Cela m’a fait et me féconde.
Il est difficile de faire entrer sa danse dans le cadre des mots. Je dirai donc seulement qu’elle a pris au mot Spinoza : « on ne sait pas ce que peut le corps. »
Sous les lumières et les ombres subtiles de sa complice Françoise Michel, chez Odile Duboc, le corps funambule, déambule et ambule. Je danse, j’existe, ego ambulo, ego sum.
« Les danseuses ne s’éteignent pas,
on dit qu’elles rejoignent l’errance et les mystères et des souffles et du vent,
et qu’elles habitent des papillons,
et qu’une seule d’entre elles assure tout un siècle de rosée. »
Patrick Chamoiseau